» Soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre coeur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire. » Che Guevara
Pourquoi tant d’engouement voire de dévotion à l’icône du Che, notamment le fameux portrait fait par Korda,de Che avec le béret et l’étoile rouge.Ce portrait tiré à des millions d’exemplaires symbolise aussi bien en Occident que
dans les Pays du Sud, la résistance, le combat propre, l’abnégation.. Son effigie de héros populaire a acquis, depuis une quarantaine d’années, l’aura d’une icône. Quelque 20 millions de personnes, à travers le monde, posséderaient un tee-shirt à l’image du « rebelle éternel ».
dans les Pays du Sud, la résistance, le combat propre, l’abnégation.. Son effigie de héros populaire a acquis, depuis une quarantaine d’années, l’aura d’une icône. Quelque 20 millions de personnes, à travers le monde, posséderaient un tee-shirt à l’image du « rebelle éternel ».
Les années soixante dix virent, progressivement, s’installer la fin des illusions de millions de jeunes qui avaient cru changer le monde. C’était compter sans l’impérialisme américain et le goulag russe qui ne voulait pas entendre parler de perturbateurs.
On pense d’ailleurs, que le Che a été lâché par Castro sur ordre des soviétiques en l’occurrence de Kossyguine qui venait de conclure avec Lindon Johnson un pacte de « coexistence pacifique ».
Qui est vraiment Che Guevara ?
C’est lui qui, par la prise stratégique de la ville de Santa Clara, située dans le centre du pays, a fait sauter le dernier verrou et ouvert la voie de la victoire vers La Havane. Quoi qu’il en soit, le 1er janvier 1959, jour du triomphe de la révolution cubaine, Che Guevara est célébré en héros. Il eut comme tout révolutionnaire sa part d’ombre, notamment quand il dirigeait la prison de la Cabanas à la Havane. Plusieurs exécutions eurent lieu.
Argentin, né en 1928. Sa famille aurait au XVIIIe siècle, un ancêtre vice-roi de la Nouvelle-Espagne et un autre émigrant irlandais. Ses parents, bohèmes, anticonformistes, appartiennent à la « gauche maté ». Opposants au péronisme, ils militent avec les adversaires de l’hitlérisme. Ils seront fiers de la « carrière » de leur fils.
A 2 ans, Ernesto subit sa première crise d’asthme, un mal dont il souffrira toute sa vie. Il dompte son corps et sa volonté, joue au football et au rugby. Etudiant en médecine à Buenos Aires, il accomplit sur un vélomoteur bricolé un long voyage de 4 000 kilomètres vers les provinces du nord de l’Argentine. Il y découvre la misère. Beau garçon, sceptique, il va mûrir politiquement, en admirant les exploits de Pancho Villa et de Zapata. Un jour de juillet 1955, il fait la connaissance de Fidel Castro. Entre eux, c’est l’entente à la vie .. à la mort
Combattant et médecin, le Che est nommé commandant par Fidel. La prise de Santa Clara, en décembre 1958, sonne le glas du régime. Les révolutionnaires entrent enfin dans La Havane. Le Che est responsable de l’épuration. Il devient l’ambassadeur itinérant du nouveau pouvoir. Sa silhouette martiale paraît familière et son mythe grandit. Il fonde une agence de presse, Prensa Latina, qui recrute des écrivains comme Carlos Fuentes ou Gabriel Garcia Marquez. . Une tournée de deux mois dans cinq pays socialistes confirme son évolution ; Cuba peut devenir une « vitrine » du socialisme en Amérique latine. La lecture de Fanon, un séjour à Alger, des divergences avec Fidel, tout cela pousse le rebelle insatisfait à tourner ses regards vers le continent africain.
En décembre 1964 Che Guevara voyage à New York comme chef de la délégation cubaine à l’ONU où il prononce un discours enflammé contre la politique étrangère américaine, participe à une émission télé et rencontre des personnalités aussi différentes que le sénateur Eugene McCarthy, des compagnons de Malcolm X ou les Rockefeller.
Le 17 décembre, il commence une tournée internationale de 3 mois au cours de laquelle il visite la Chine, l’Égypte, l’Algérie, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Bénin, la République du Congo et la Tanzanie, avec des étapes en Irlande, Paris et Prague. À Pyongyang, il déclare que la Corée du Nord est un « modèle dont Cuba devrait s’inspirer » Lors du fameux discours d’Alger, Che Guevara jeta un pavé dans la mare et les ondes de chocs furent terribles.
Il comprit qu’il n’y avait rien à attendre de l’Union Soviétique. Écoutons-le: « Cuba participe à cette Conférence, d’abord pour faire entendre à elle seule la voix des peuples d’Amérique, mais aussi en sa qualité de pays sous-développé qui, en même temps, construit le socialisme. La lutte contre l’impérialisme pour rompre les liens coloniaux et néo-coloniaux, qu’elle soit menée avec des armes politiques, des armes réelles ou avec les deux à la fois, n’est pas sans lien avec la lutte contre le retard et la misère ; toutes deux sont des étapes sur une même route menant à la création d’une société nouvelle, à la fois riche et juste.(…) Il n’est pas de frontière dans cette lutte à mort. Nous ne pouvons rester indifférents devant ce qui se passe ailleurs dans le monde, car toute victoire d’un pays sur l’impérialisme est une victoire pour nous, de même que toute défaite d’une nation est défaite pour nous. La pratique de l’internationalisme prolétarien n’est pas seulement un devoir pour les peuples qui luttent pour un avenir meilleur, c’est aussi une nécessité inéluctable.. (3).
« Le socialisme ne peut exister si ne s’opère dans les consciences une transformation qui provoque une nouvelle attitude fraternelle à l’égard de l’humanité, aussi bien sur le plan individuel dans la société qui construit ou qui a construit le socialisme que, sur le plan mondial, vis-à-vis de tous les peuples qui souffrent de l’oppression impérialiste. Comment peut-on appeler » bénéfice mutuel » la vente à des prix de marché mondial de produits bruts qui coûtent aux pays sous-développés des efforts et des souffrances sans limites et l’achat à des prix de marché mondial de machines produites dans les grandes usines automatisées qui existent aujourd’hui ? (…) Les pays socialistes ont le devoir moral de liquider leur complicité tacite avec les pays exploiteurs de l’Ouest. Il n’est pas pour nous d’autre définition du socialisme que l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme. Il est entendu que les pays socialistes doivent payer le développement des pays sous-développés » (3)
Deux semaines après son retour à Cuba il disparaît littéralement de la vie publique. Son activité en 1965 est un grand mystère. Les causes de sa disparition sont toujours controversées et peuvent être attribuées à diverses raisons : On pourrait citer l’échec de l’industrialisation et surtout la pression des Soviétiques et d’une partie des responsables cubains sur Castro. En effet, ceux-ci désapprouvaient l’alignement économique et idéologique communiste pro-chinois du Che, surtout à une époque où se creusait le conflit sino-soviétique et où l’économie cubaine dépendait de plus en plus de l’Union soviétique. Guevara était considéré par beaucoup comme un avocat de la stratégie maoïste en Amérique du Sud. Ses détracteurs comparaient son plan d’industrialisation au grand bond en avant chinois.
En avril 1965, avec quelques volontaires cubains, il rejoint les maquis de l’ancien Congo belge. Mis devant le fait accompli, les hommes de Mulele et de Kabila refusent l’aide qui leur est proposée. Le Che se tourne vers la Bolivie. Le terrain choisi, le Chaco, au paysage aride, lui est hostile. Les Indiens, dépendant de l’armée, dénoncent la guérilla. Régis Debray, venu en Bolivie comme « journaliste », est arrêté. Le piège se referme. Blessé, le Che est finalement exécuté. Mort, photographié, il ressemble au Christ de Mantegna. Castro, qui raconte que le visage de son ami ne cesse de hanter ses rêves, lui dresse un mausolée de paroles. (3)
Il a fallu attendre cependant, 30 ans pour que Cuba récupère les restes du Che. En 2004, le président cubain Fidel Castro a lancé une vaste campagne humanitaire continentale portant le nom d’Opération Miracle, près de 600 000 personnes de 28 pays, y compris des citoyens étasuniens, ont retrouvé la vue grâce à l’altruisme des médecins cubains. L’élection d’Evo Morales à la présidence de la République de Bolivie en décembre 2005, et sa politique sociale a permis aux Boliviens d’accéder au programme humanitaire lancé par Cuba. Ironie de l’histoire, quarante ans après la mort du Che son exécuteur – le sergent Mario Terán qui a assassiné sur ordre de ses supérieurs Che Guevara, a pu se faire opérer par des médecins cubains dans un hôpital offert par Cuba à la Bolivie d’Evo Morales.
Il a lui-même raconté à la presse plus tard qu’il tremblait comme une feuille lorsqu’il s’est retrouvé face à cet homme qu’il a vu à ce moment-là « grand, très grand, immense ».Le Che, blessé, assis sur sur un banc de la modeste école, le voyant hésitant et effrayé, a eu le courage qui manquait à son assassin : il a ouvert sa chemise kaki élimée, découvert sa poitrine et lui a crié : « Ne tremble plus et tire ici, car tu vas tuer un homme. » (5)
Certains pensent à juste titre que Le Saint Just de la révolution cubaine, dérangeait tout le monde, pas seulement le camp impérialiste mais aussi, son propre camp ? Castro avait pris ombrage de la popularité de Guevara et commençait à le considérer comme une menace. Ce qui fut considéré comme suspect c’est que le Ché n’ait jamais fait une annonce publique de ses intentions. Après la crise des missiles cubains et ce qu’il a pris comme une trahison de Khrouchtchev qui a donné son accord au retrait des missiles sans consulter Castro, Che Guevara est devenu sceptique quant au rôle de l’URSS. Comme révélé dans son dernier discours à Alger, il en est venu à la conclusion que l’hémisphère nord, mené par les États-Unis dans l’ouest et l’URSS dans l’est, exploite l’hémisphère sud.
Il soutient le Vietnam du Nord dans la guerre du Vietnam et encourage les peuples des autres pays en voie de développement à prendre les armes et a créer « de nombreux Viêt Nam ». Cependant, aussi bien Guevara que Castro sont partisans d’un « front anti-impérialiste uni » et tentent à plusieurs reprises de réconcilier l’Union Soviétique et la Chine. Pressé par la spéculation internationale et les rumeurs quant au destin du Che, Fidel Castro déclare le 16 juin 1965 que le peuple sera informé à propos du Ché quand lui-même l’aura décidé. Le 3 octobre, Castro dévoile une lettre non datée, écrite par Guevara à son attention, dans laquelle il réaffirme sa solidarité avec la révolution cubaine mais déclare son intention de partir combattre à l’étranger pour la révolution. Il annonce également sa démission de tous ses postes au gouvernement, au parti et dans l’armée. Il renonce aussi à la citoyenneté cubaine qui lui a été donnée. Castro révèlera peu après qu’il savait où Guevara était mais qu’il ne le dirait pas, ajoutant que son ancien compagnon d’armes était en bonne santé. (6). A l’aube du quarantième anniversaire de sa disparition, malgré l’exécrable campagne médiatique occidentale destinée à ternir l’image d’un des plus grands révolutionnaires de l’histoire du XXe siècle, l’exemple du Ché reste « grand, très grand, énorme » et continue de briller « intensément ». Le combat de Ché Guevara pour la liberté fut un combat pour l’honneur, un combat pour la dignité. L’aura du Che est intact partout dans le monde . Au XIXe siècle , une sorte de sondage en Europe montra que les deux hommes les plus populaires, les plus prestigieux et dont le combat fut un exemple, furent l’Emir Abdelkader et l’Imam Chamyl héros de la Tchéchénie et que Tolstoï admira tant. AU XX e siècle les deux personnalités qui marquèrent le XXe siècle furent aiussi deux géants hors du commun Le Mahatma Ghandi et Che Guevara . Dans cent ans on se souviendra avec émotion de la légende du Che, mais qui se souviendra des puissants actuels ? Que reste-t-il du Che ? Tous les « révolutionnaires » que nous sommes et qui croient en un monde meilleur ont -ils démérité pour avoir cru en la nature humaine ? Apparemment oui, la victoire du capitalisme sauvage est totale le raz de marée de la mondialisation a fait de l’homme une marchandise. Le sentiment, la dignité humaine sont des monnaies qui n’ont plus court ; Désormais les hommes seront fichés numérisés « adénisés » pour protéger le capitalisme sauvage et accentuer encore plus les fossés multidimensionnels entre un Nord opulent et un Sud tenu soigneusement à la porte du supermarché planétaire.
1.Che Guevara Journal de BolivieF. Maspéro . 1968 2. Axel Gyldén :Guevara Du sang sur l’étoile L’express du 27 09 2007
3.Che Guevara, le discours d’Alger Séminaire économique de solidarité afroasiatique, les 22 et 27 février 1965 http://lesogres.org/article.php3 ?id_article=1443
4.Raphaël Sorin « Che » Guevara : Le grand-père rouge de l’utopie L’Express du 15/05/1997
5.Courrier international . 3 oct. 2007 Héctor Arturo Granma Che vuelve a ganar otro combate http://www.granma.cubaweb.cu/2007/09/29/ cubamundo 1.html Granma 29 septembre n° 269
6.Encyclopédie Wikipédia : Che Guevara

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